Nous revenons de la chasse au dindon au Kansas. Martine Chavigny a ouvert la bal avec un beau Tom et ensuite Sylvain Fortier, lui aussi avec un Tom tiré à 47m.

Voici quelques photos de notre voyage!

Voici quelques photos prises lors de notre dernier voyage de chasse en Floride!

Mardi 13 septembre 17h00, tout était prêt. Le pick up des BADBOYS, le trailer fermé, les arcs, les caméras et nous étions tous fébriles à l’idée d’aller chasser en Gaspésie. Cela devait faire 7 à 8 ans que nous envoyions notre nom pour le tirage au sort à toutes les années et jamais encore j’avais eu la chance d’être pigé. J’ai décidé cette année d’envoyer le nom de ma douce et ce qui devait arriver arriva… GAGNANTE! Après de longues heures de pratique au tir à l’arc ainsi que de longs préparatifs à regarder les cartes du territoire, nous étions prêts. WOW! 40.1 orignaux au 10 km², ça devrait bien aller. Nous sommes partis à 17h00, un petit arrêt à Mascouche pour le coucher et le lendemain départ pour Causapscal, petit village à 63 kilomètres de notre camp de chasse dans la zone 6 de la réserve Dunière. Nous sommes arrivés au bureau d’enregistrement de la Dunière vers 16h00 le mercredi. Notre forfait était du 16 au 20 septembre, nous étions donc une journée en avance car nous voulions aller prospecter le territoire. Tout était convenu comme suit; Mario guidait, Martine et moi filmions et Rachel tirerait. Nous chassons les quatre ensembles et nous savions que la chasse serait vraiment ardue mais comme il y avait 40.1 orignaux aux 10 km² on s’arrangerait avec ça car on en avait vu d’autres!
Nous sommes entrés dans le bureau et comme promis Suzie y était et ce en pleine forme. Le groupe de chasseurs avant nous était sorti donc nous pouvions entrer le lendemain, de très bonne heure, pour la prospection du terrain. Un esprit de « party » régnait dans l’air, nous avons eu beaucoup de plaisir, les personnes du CGRMP de la réserve Dunière sont vraiment extraordinaires. Je peux vous dire que nous avons été accueillis avec beaucoup de professionnalisme, de bonne humeur, de respect et surtout que la réputation de l’endroit était juste, tout avait été respecté. Le forfait, le personnel, l’ambiance, le site, tout était parfait. Donc après une rencontre des plus agréables nous sommes allés à notre petit chalet 5 étoiles que nous avions loué dans le village nommé « La coulée douce ». Nourriture incroyable, service courtois, nous savions que nous étions en région.

Le lendemain, de bonne heure sur le piton, nous faisions notre apparition dans la réserve Dunière. Les premiers chasseurs que nous avons rencontrés nous ont fait part de leurs remarques qui n’étaient pas des plus prometteuses… Mais ce n’est pas ces quelques commentaires qui vont nous impressionner, nous savions que nous réussirions à tuer un beau « buck » quand même. C’est ce qu’on se disait même si nous avions mis nos standards assez hauts c’est-à-dire aucune femelle serait tirée lors des trois premiers jours et aucun veau non plus. Nous sommes arrivés au poste d’enregistrement et encore une fois le personnel était très courtois. Ils nous ont expliqué les détails du terrain et tout ce qui s’y passait présentement.

Arrivés au chalet nous n’étions vraiment pas déçus; beau chalet, frigidaire, chauffage au propane, fourneau, etc. Nous avons installé notre douche et comme il mouillait abondamment c’était la journée idéale pour aller marcher et parcourir le territoire. J’ai donc ramassé une des caméras et je suis embarqué dans le pickup avec Mario pour aller voir le terrain. Notre terrain était réservé supposément que pour l’arc et l’arbalète, nous avons donc été déçus d’apprendre que la poudre noire était maintenant acceptée sur le territoire 6. Nous n’avons rien contre la poudre noire même que nous trouvons que c’est un beau sport sauf que ça se rapproche pas mal plus d’une carabine que d’un arc. Après avoir parcouru une grosse partie de notre territoire qui soit dit en passant était magnifique, Mario m’a fait la remarque que c’était impossible qu’il y ait 40.1 orignaux aux 10 km² et j’en conclus qu’il avait parfaitement raison. Cependant ce n’était pas grave car nous étions ici pour la chasse et on réussirait. Nous sommes revenus au camp quatre heures plus tard, mouillés mais contents. Il n’y avait pas le cheptel d’orignaux mentionné dans les livres mais nous avions réussi à filmer un beau « buck » de plus ou moins 40 pouces de panache, un petit « buck » et trois femelles, pas si mal!

PREMIER MATIN, UN VENT DE FOU!

4h20 le iphone sonne… OUF! La levée du corps fut difficile mais nous avions tellement hâte d’aller chasser que ça n’a pas été long que nous étions partis. Rachel était prête et confiante et Martine et moi s’assurions de ramener tout le voyage sur caméra tandis que Mario était déjà dans le pickup à nous attendre. Il ventait terriblement et mouillait à l’occasion. Le vent changeait de direction à tout moment c’était très difficile. Nous avons décidé de faire de la chasse fine et essayer de spoter les orignaux dans le bucher ou dans le bois. Rien et quand je dis rien c’est rien! Arrivés au soir, après treize heures de chasse, nos visages étaient longs; fatigués et épuisés, nous nous sommes mis à penser que c’était peut-être la température, le vent ou peut être même quelque chose que nous avions oublié qui fit que nous avions rien eu mais c’est à ce moment qu’un autre groupe de chasseurs habitués du coin sont venus s’entretenir avec nous sur ce qui c’était passé durant leur voyage. C’était la quatrième année que les gars venaient chasser en Gaspésie, soit à Matane et Dunière. Ils avaient toujours très bien fait, ce qui veut dire qu’ils avaient tué quatre « buck » en haut de 45 pouces et cette fois-ci ils sont repartis avec une petite femelle. Nous avons parlé ensuite au représentant de la faune là-bas et tout le monde avait le même discours, plusieurs facteurs font en sorte que le cheptel d’orignaux a vraiment chuté; les permis que le gouvernement a donnés pour chasser la femelle, la nourriture, les doubles abattages, le reboisement, etc. Je n’embarquerai pas dans ce sujet mais je trouve cela énormément triste de voir que nous avions, pour une fois au Québec, un endroit où nous risquions d’avoir une chasse avec un taux de succès de près de 100% et que nous pouvions choisir notre « buck ». Il faudrait alors que quelqu’un se réveille et s’attaque au problème parce qu’en plus du prix du forfait, il est très désagréable d’aller à la chasse et de se faire promettre qu’il y a de l’orignal partout et que tu arrives là et que le cheptel est rendu à la moitié et peut-être moins…

Deuxième et troisième jours – Un peu d’action

Le deuxième jour, encore du vent mais moins pire. Je vous rappelle que c’est Rachel qui est la tireuse, elle s’est pratiquée tous les jours depuis le début de l’été et elle était prête. Elle tire avec sa HOYT KOBALT réglé à 41 lbs, ses carbons express mayheim hot pursuit ainsi que des rages 3 lames 100 grains, un set up parfait pour l’occasion. Après trois heures de marche, nous n’avons rien vu jusqu’à ce que Mario nous fasse signe qu’il y avait un gros « rack » très loin, beaucoup trop loin. Nous étions à plus d’un kilomètre de l’animal et nous voyions le panache briller au soleil. Il était accompagné de deux femelles. Ça devait frôler les 55 pouces. Après mûres réflexions et analyses des cartes nous nous sommes rendus compte qu’il était dans le territoire 7 donc pas de chances cette fois-ci et une fin de journée assez tranquille s’en est suivie. En soirée le vent a cessé et nous avons commencé à entendre de faibles réponses mais rien de très rassurant et de près. Le call n’était pas commencé et nous le savions.

Le troisième jour était un matin parfait; froid, pas de vent, aucun nuage, le temps idéal pour avoir un peu d’action. Après avoir vu deux femelles traverser le chemin à la noirceur nous nous sommes installés dans le bois, près d’un petit bucher. Nous avons commencé les séances de rattlings, de calls mais rien… Finalement une réponse d’un petit « buck » qui vient de loin. L’heure du diner avait sonné nous sommes donc retournés au camp pour essayer d’établir une stratégie. Nous n’avions pas encore tué, nous en n’avions point vus à porté de tir et il ne restait que cet après-midi et la journée de demain et le pire c’est que nous n’avions pas de « shot » filmée pour les Badboys, ça c’était moins drôle. Nous avons donc décidé que Rachel et moi prendrions chacun notre arc et que nous nous diviserions. Je partirais avec Mario faire la chasse fine et essayer d’en « spoter » un et de l’approcher ou de le « caller » et Rachel et Martine iraient s’installer près de la saline où il y avait beaucoup de traces fraîches. Ce soir là nous avons eu quelques réponses mais rien de très proche et de concluant; des réponses de femelles qui n’étaient pas en chaleur, des réponses de mâles qui n’étaient pas trop décidés, etc. Les filles n’ont rien vu à part les centaines de coyotes qui hurlaient au loin, rien, un calme plat.

C’est donc au souper ce soir là que nous avons décidé que le lendemain nous chasserions encore en équipe de deux ; un chasseur et un caméraman. Plus la soirée et le séjour avançaient plus la règle de tirer un « buck » commençait à tomber alors vers onze heures, juste avant de se coucher, nous avons décidé qu’il restait seulement une journée de chasse et que si nous avions une bonne « shot » filmée sur une femelle, nous la prendrions.

Dernière journée – Bonne place au bon moment!

Encore une fois la sonnerie du Iphone résonna dans le petit camp. Il faisait froid et c’était un matin plus que parfait. J’ai alors donné le choix à ma blonde (Rachel) à savoir ce qu’elle voulait faire, rester à l’affût pas loin du bucher et de la saline ou faire du « spot ans stalk » ainsi que de la call avec Mario pour essayer de faire bouger les choses. C’était le dernier matin et nous n’avions toujours pas de « kills » sur caméra et ça ne faisait pas notre affaire. C’est certain que faire de la chasse chacun de notre côté, tout seul, serait plus facile mais nous avons décidé de faire des films et on va y aller jusqu’au bout. Là j’ai tout de suite vu la face de Rachel qui disait tout simplement « je n’ai vraiment pas le goût d’aller me geler à attendre sans bouger ». Je lui ai alors répliqué que moi non plus ça ne faisait pas mon affaire mais que c’était sa chasse et qu’elle irait avec Mario pour caller et marcher tandis que Martine et moi resterions dans les trails non loin du bucher et de la saline. Le soleil venait à peine de se lever que nous avons entendu les premiers braillements d’une femelle à environ 500 pieds à l’est de notre spot, c’était encourageant, au moins il se passait quelque chose. Par la suite Mario a commencé sa séquence d’appels et tout de suite un mâle répondit et commençait à s’approcher sur la call en frottant son panache dans les aulnes. C’est à ce moment que Mario a su que ce n’était pas un petit et c’est là que Rachel a su qu’elle avait un cœur et qu’il pouvait battre vite et fort!!! Il arrivait et pas à peu près… Elle pensait bien pouvoir avoir sa shot et Mario, qui était rendu caméraman, était sur lui aussi. Tout-à-coup le long cri d’une femelle se fit entendre et le buck tourna immédiatement pour aller rejoindre sa douce. Mario essaya de le faire revenir mais peine perdue, étant donné que le call ne battait pas son plein le buck a décidé de retourner rejoindre celle qui connaissait déjà. De mon côté c’était plutôt calme. Je regardais dans mes jumelles, c’était un matin parfait. C’est à ce moment que j’aperçus une femelle qui s’en venait d’un bon pas dans ma direction, nous nous sommes mis en mode chasse car elle était à environ six cents pieds quand je l’ai vue. Martine a tout de suite préparé la caméra et elle m’a signalé quand elle était prête. La femelle était rendue à deux cents pieds et elle se dirigeait vers la grosse trail située à trente mètres de notre position. J’avais regardé toutes les trails avec mon range finder et je savais que si elle s’enlignait là ça serait un tir parfait pour le film et la distance serait idéale. J’avais pratiqué tout l’été à des distances de soixante-dix mètres mais jamais j’aurais tiré un orignal à cette distance mais trente mètres c’était parfait. Il y avait seulement un problème, nous n’avions pas prévu qu’elle arriverait de ce côté alors mon coude droit était accoté sur un sapin à ma gauche, ce qui me donnait un espace restreint pour le tir. Quand la femelle est arrivée à dix mètres de l’endroit désiré j’ai étiré ma Carbon Matrix et avec le bruit de glissement que l’arc a fait sur le sapin la femelle s’est complètement arrêtée à vingt-sept mètres et s’est tranquillement tournée la tête pour regarder vers l’endroit où nous étions. Le coffre était très bien dégagé et moi j’étais en pleine allongée. Ma flèche « Carbon Express Blue Streak 250 » avec mes pointes « Rages 3 Lames 100 grains » était prête à être relâchée. Du coup je lâchai la flèche qui atteignit l’orignal en plein vital et ça en était fait pour notre séjour à Dunière! J’ai tout de suite regardé Martine ma caméraman pour savoir si elle avait la shot et tout le reste, et elle me fit signe que oui. J’étais très content mais en même temps un peu déçu que ça ne soit pas ma blonde qui ait tiré et un peu déçu de ne pas avoir vu considérablement d’orignaux comme c’était prévu. Par contre nous allons avoir un film très excitant à vous montrer. Après les photos d’usage et l’éviscération du gibier nous sommes allés porter directement notre orignal à la chambre froide et se fût la fin pour les Badboys Xtreme à la Réserve Dunière.

J’espère seulement que certaines personnes dont les gens du coin et de la réserve Dunière se réveillent et qu’ils fassent des pressions auprès des bonnes personnes pour qu’il y ait une gestion plus serrée et équilibrée afin de préserver une si belle richesse car au-delà de la chasse il y a toute une communauté qui vit au dépend de cette richesse ce qui veut dire que s’il y a moins d’orignaux dans ce cheptel il y aura moins de chasseurs, moins de revenus et les emplois se feront de plus en plus rares et les familles écoperont. Il est encore temps de se mettre en action pour préserver ce territoire car il est bon de s’y retrouver, on se sent comme chez nous, les gens sont accueillants et généreux, on aime ça d’même!!! Merci!

Réserve faunique de Dunière orignal

Sylvain Fortier
www.badboysxtreme.com

Tout a commencé le 18 juin 2009…

Nous étions dans un de nos ‘spots’ et j’agissais comme cameraman tandis que mon vieil ami Mario Pelchat était le chasseur. Son arc traditionnel était suspendu à une branche d’épinette et se balançait au gré du vent. Après avoir regardé et étudié nos ours sur nos caméras de repérage, il était convenu que lorsque dame nature nous redonnerait du soleil nous irions chasser dans notre ‘spot du fond’. Nous avions clairement identifié 2 ours pour qui il valait la peine d’aller endurer les maringouins.

Ils se nommaient ‘Ténèbre’ et ‘ Le boss’! Le premier pesait environ 250 lbs et avait la figure d’un noir qui lui donnait un air méchant, tandis que le deuxième pesait facilement 25 lbs de plus que le premier. Il restait environ 12 jours de chasse donc n’importe lequel des deux aurait fait notre bonheur, à la seule condition que le cameraman donne le OK.

Il faisait environ 25°c, les mouches étaient au rendez-vous!  Malheureusement pas un seul craquement ne s’est rendu à nos oreilles.  Il était rendu 20h30 et rien, pas même un petit, ni une femelle, au pire un lièvre qui avaient osé se montrer le bout du nez, rien.  Quand soudain nous avons vu apparaître ‘ Ténèbre’ au loin suivi de près par ‘ Le boss’.  Tout-à-coup, comme une apparition, un ours se pointe, je dirais même un grizzly!  Il est passé à côté de l’appât sans jamais s’y arrêter.  C’en était fait pour Mario, pas question de tirer un des deux autres qui se régalaient dans les « Cherry Blossom »!  Connaissant mon ami, c’en était fini pour les 2 autres ours, maintenant il fallait traquer celui qui dorénavant s’appelait ‘kingkong’. La période d’accouplement battait son plein et la saison s’est terminée sans que nous revoyions aucun des 3 ours.  Les femelles l’avaient remportées sur les « Cherry blossom »!

Ensuite, nous avons passé quelques soupers à répéter les mêmes histoires. À vrai dire la même histoire!  Dire que le printemps prochain il aura un poids approximatif de 350 lbs se disait-on. Le printemps arriva et la fièvre s’est encore emparée de nous.  Après 15 jours de chasse en 2010, aucunes traces de notre monstre .  C’était-il fait tirer une balle par des braconniers durant la chasse à l’orignal?  C’était-il fait frapper?  Avait-il simplement flairé le danger et décidé d’aller ailleurs?  Ou avait-il trouvé une femelle plus réceptive dans un autre endroit ou bien tout simplement restait-il discret?

Nous commencions à imaginer le pire quand, par un soir, Mario et moi analysions les photos sur le portable quand Paf! Comme une claque dans la figure, on l’a vu!!!  Il se tenait derrière le baril de gâteries, juste dans le coin de l’écran à 23h. Impossible que se soit un autre que lui.  Il était immense et oui nous avons chassé cet appât sans relâche jusqu’à la fin.  Il venait de nuit et nous étions persuadés qu’un jour ou l’autre, il commettrait une erreur. Hélas! Il a fait un parcours sans faute encore cette année là.

Printemps 2011, 2 semaines avant l’ouverture de la chasse, tout était prêt; les 5 tonnes de chocolat, les carcasses de castor et les deux-trois autres petites recettes secrètes! C’est alors que j’ai reçu un coup de téléphone de Mario Ricci de SCI Montréal (www.sci-montreal.org) qui me demandait si c’était possible de venir à la chasse à l’ours avec les BadBoysXtreme ainsi que notre ami Mario Huot de Aventure express (www.aventuresexpress.com) qui nous avait fait la même demande. Après une bonne discussion avec Mario Pelchat, nous avons convenu que nos invités étaient les bienvenus.

La date était déterminée, ce serait du 18 au 22 juin.  Cela nous donnait suffisamment de temps pour savoir exactement quels styles d’ours fréquentaient nos appâts.  Le premier mois a été désastreux, au ralenti, pas de gros mâles et surtout aucun signe de ‘Kingkong’.  Le 17 au soir, les deux Mario arrivent vers 19h00.  Après un souper bien arrosé, c’était décidé, le lendemain Mario Huot chasserait assis a par terre a l’arc traditionnel tandis que Mario Ricci qui en était à ses premières armes en tant que chasseur d’ours à l’arc, et qu’un ours  moyen d’environ 125 lbs le satisferait, il était convenu que j’irais avec lui au spot du fond avec 2 caméras; une sur le baril de gâteaux et l’autre braquée sur lui.  On a soupé vers 15h00, une vraie lasagne italienne que la douce à Mario Ricci avait mis tant d’heures à préparer et et que son cher mari n’arretait pas d’en vanter les vertus . Nous sommes partis pour la chasse; 16h45 nous étions fins prêts. On annonçait de la mouche et pour une fois il ne s’était pas trompé!  À 17h15 nous nous sommes aperçus que 3 petits bébés ours étaient dans un gros épinette à 5 mètres de nous.  La mère a sans doute été tuée et les petits se servent de nos appâts pour survivre.  Mon ami trippait.

Ensuite, 4 heures passent sans le moindre bruit. Les arbres dansaient tellement il ventait. Tout-à-coup, à 20h45 ce qui devait arriver arriva. Un craquement démesuré à ma droite me fit sursauter. Comme par magie il était là, à 150 pieds suivant une femelle à la course. Cette fourrure épaisse et étincelante à la démarche lourde arrivait sur notre site de chasse. « Kingkong » était de retour. On aurait dit que tout s’était arrêté autour de nous. Plus de vent, plus de grenouilles, plus d’oiseaux, plus rien!

Photo d'un ours de 392 livres prise avec une caméra de surveillance Spypoint

Il était maintenant à 7 mètres de nous. J’ai regardé mon chum à ma gauche pour lui dire que j’étais prêt et que c’était à lui de jouer maintenant.  Il étira son arc et laissa aller sa flèche derrière la patte. C’est alors que l’ours dans une course folle en fracassant tout sur son passage, et plus rien; 1 minute, 2 minutes et le doute commençait à s’installer quand soudain, le cri de la fin. C’en était fini pour Kingkong.  Mario, à sa première chasse, venait de récolter le rêve d’une vie.

Après s’être serrés dans nos bras et après avoir visionné le film plusieurs fois, j’ai pris mon  IPhone et j’ai texté mon chum Pelchat : « Mario vient m’aider KingKong est mort. » La réponse se fit immédiate : « Arrête de me niaiser! »  Finalement après 45 minutes de recherche je suis tombé dessus. Plus personne ne parlait, on l’admirait. Incroyable, Mario et moi étions vraiment fiers pour notre ami mais en même temps, on était un peu triste de ne pas avoir réussi à récolter cette magnifique bête nous même. Ce sentiment fût de courte durée, à voir les yeux et le sourire de notre ami Ricci. C’était oublié, nous avions quand même réussi. C’est plaisant quand la vie récompense quelqu’un de travaillant et de reconnaissant.

Il pesait officiellement 392 lbs.  Jamais en 16 ans de chasse pour moi et 26 ans de chasse pour Mario Pelchat que nous avions réussi à récolter à l’arc un ours aussi impressionnant. Beaucoup de chasseurs récoltent de gros ours, mais peu les pèsent vraiment, plusieurs estiment leur poids. Quand on pense que la moyenne d’un ours au Québec est de 125 lbs, pouvez-vous imaginer 392 lbs?  Disons que depuis samedi le 18 juin, lorsque nous allons attendre dans nos caches, il y a un sentiment bizarre qui nous habite. On n’espère plus le voir arriver ou surgir de quelque part, il n’est plus.  Une chose est sûr, comme le dicton le dit : « Le roi est mort vive le roi! »  Sûrement qu’un autre gros mâle va prendre sa place, mais qu’il soit aussi majestueux, gracieux et imposant que KingKong, ça me surprendrait beaucoup.  Mais on ne sait jamais, c’est pour cette raison que nous allons à la chasse.

Merci à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à cette merveilleuse aventure!

Sylvain Fortier

BadBoysXtreme